Alors que les associations craignent une fragilisation du droit à l’avortement pendant le confinement, un amendement visant à allonger le délai légal pour avorter vient d’être rejeté par le Sénat. Mais le gouvernement assure que le droit des femmes à disposer de leur corps ne sera pas remis en cause en cette période de pandémie.
Sommaire
- Risque de dépassement du délai légal pour avorter
- Les gynécologues s’organisent
- “Le gouvernement lâche les femmes et les médecins”
- “La continuité des IVG doit être assurée”, affirme le gouvernement
Alors que le gouvernement a instauré des
mesures strictes de confinement afin de lutter contre la propagation du coronavirus et que les médecins sont pleinement mobilisés, est-il plus compliqué pour les femmes d’
avorter ? Indéniablement, selon la gynécologue Danielle Gaudry, militante au Planning Familial interviewée par France Inter. “Un certain nombre d’hôpitaux ne répondent plus au téléphone. Des créneaux horaires permettant notamment de pratiquer des IVG [interruptions volontaires de grossesse, NDLR]
chirurgicales ont également été supprimés dans les blocs opératoires“. Risque de dépassement du délai légal pour avorterLes
masques de protection pour les médecins pratiquant l’IVG manquent, tandis que les centres de planification se voient obligés d’espacer les rendez-vous afin de ne pas surcharger les salles d’attente et ainsi respecter les règles de distance sociale. Le risque : le dépassement du délai légal pour avorter, fixé à 12 semaines de grossesse, soit 14 semaines après le premier jour des dernières règles. “Un certain nombre de femmes, même si elles entament les démarches dans les temps, vont se retrouver en dehors du délai légal“, assure Danielle Gaudry.Les gynécologues s’organisentAfin d’assurer la bonne prise en charge des femmes souhaitant avoir recours à une IVG en période de CoVid-19, le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) a publié une liste de recommandations le 17 mars dernier. Parmi elles : le “maintien des consultations pour demande d’IVG”, le groupement “des soins dans une unité de temps et de lieu : consultation gynécologique, anesthésiste, prélèvements biologiques, échographie de datation” ou encore le “dépistage de patiente ‘possible’ par quelques questions et prise de température avant de pénétrer dans le service”.Pour les patientes suspectées d’être atteintes de la maladie, “il faudra prendre en compte le rapport bénéfice risque d’une IVG qui peut être décalée et le risque de contagion des patientes et des soignants. Pour les patientes à risque de dépassement de délai, soit consultant avec un terme inconnu soit une IVG programmée risquant de dépasser le délai, il faudra voir au cas par cas. Si dans ces cas, une consultation est prévue ou une IVG est réalisée, il faudra mettre en place les précautions nécessaires.”“Le gouvernement lâche les femmes et les médecins”De leur côté, des sénateurs socialistes ont proposé un
amendement visant, “par anticipation des risques d’impossibilité d’assurer les IVG dans les délais légaux”, à “permettre au Gouvernement d’allonger de deux semaines les délais légaux et de supprimer l’exigence d’une deuxième consultation pour les mineures” jusqu’au 30 juillet 2020. Amendement qui a été rejeté le 19 mars. “Le gouvernement lâche les femmes et les médecins”, déplore Laurence Rossignol, l’une des signataires du texte.
Refus des ministres @olivierveran @murielpenicaud d’aménager l’accès à l’#IVG pendant la crise sanitaire. Les professionnels sont inquiets. Il y aura de nombreuses femmes hors délai et des services perturbés. Le gouvernement lâche les femmes et les médecins. pic.twitter.com/toOxxIIPUv— Laurence Rossignol (@laurossignol) March 20, 2020
“La continuité des IVG doit être assurée”, affirme le gouvernement Dans un communiqué paru le 23 mars, Olivier Véran et Marlène Schiappa ont souhaité montrer que ce n’est pas le cas. Le ministre de la Santé et la secrétaire d’Etat chargée de l’Egalité entre les hommes et les femmes rappellent que les médecins en ville et les sages-femmes conventionnés avec un établissement de santé “sont habilités à réaliser des
IVG médicamenteuses sans passer par l’hôpital”. Ces derniers “bénéficient, dans les conditions prévues par le cadre national de gestion défini par le Ministère des Solidarités et de la Santé, de la mise à disposition de masques pour continuer à prendre en charge les femmes”. Le Planning Familial maintient également son numéro vert, le 0800 08 11 11, pour répondre à toute question.Le ministre et la secrétaire concluent en affirmant que les IVG “sont considérées comme des interventions urgentes” et que “leur continuité doit être assurée”. “Les services de l’Etat feront des points réguliers avec les soignants et le tissu associatif afin de s’assurer que, même en période de pandémie et de confinement, le droit des femmes à disposer de leur corps ne soit pas remis en cause.”Click Here: All Blacks Rugby Jersey